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LES PODCASTS DE FRANCIS LE GUEN

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Le Mag n°31 - Albert Falco s'en est allé

 

Il y a un mois et demi, nous avons perdu Henri-Germain Delauze. Cette semaine, Albert Falco s’en est allé. La génération qui nous a guidés, émus, transformés est en train de prendre le large. Il y a quelques semaines, nous voulions croire Bébert éternel en vous présentant son dernier livre. Nous y retrouvions les racines de son enfance, tout ce qui l’a construit. Nous aurions pu ici, une fois encore, raconter sa vie, son extraordinaire parcours, ses aventures. Nous avons préféré donner la parole à l’un de ses amis, Pierre Martin-Razi, pour évoquer l’homme qu’il était.

 

 

"Une heure vingt du matin, le 22 avril. Un SMS détruit le calme de la nuit : Bébert est mort… Bébert est mort ? Oui. Bébert est mort. Trois mots ressassés jusqu’à l’invraisemblable. Trois mots terribles. Une phrase simple et obscène. Bébert est mort ? Et puis quoi encore ? Ce n’est pas vrai ! Bien sûr, depuis des semaines je savais l’inévitable. Là, pourtant, figé dans la froide solitude de l’aube renaissante, je me refuse à croire l'impossible… La camarde peut bien aller promener sa sinistre silhouette ailleurs, Bébert reste là, indestructible. J’entendrai toujours sa voix aux intonations nasillardes, je partagerai encore mes repas avec lui et, à jamais, il sera dans mes plongées pour m’accompagner, le regard émerveillé derrière son masque d’un autre temps.

Raconter Albert Falco ? Il l’a fait lui-même mieux que quiconque, porté par l'enthousiasme et ce don du verbe et de l’image reçu dans le Marseille de son enfance. Évoquer ce que chacun sait ? Calypso ? Les milliers de plongées ? La soucoupe Denise ? Diogène, la première maison sous la mer aux îles du Frioul (dont on va célébrer l’anniversaire des soixante ans en septembre prochain) ? Shaab Rumi ? Le combat pour la préservation des océans, l¹engagement auprès des jeunes ? Sa lutte pour la sauvegarde des calanques marseillaises symboliquement concrétisée ces jours-ci ? Je le ferai ailleurs, peut-être, en journaliste.

 

Mari in Paci productions

 

Je préfère aujourd’hui, plongeur parmi les plongeurs, tendre la main à ceux qui n’ont pas eu la chance de connaître le capitaine de Calypso pour les entraîner au tout début des années quatre-vingt-dix, un matin très tôt au mouillage de Terre de Haut, dans l’archipel des Saintes. Le soleil pointe, les nuages inclinés glissent sur l’alizé. La cafetière frémit. Il fait bon. Assis dans le cockpit de mon voilier, je regarde la mer, le sable, la frange mouvante des cocotiers. Et j’éprouve l’ineffable impression d’appartenir à un univers où tout parait en ordre. Dans quelques jours, je vais traverser vers l’Europe et j’attends, voiles ferlées, ailes repliées… Plus loin, de l’autre côté de la baie, un catamaran inconnu tire gentiment sur son câblot.

Un type plonge de la plate-forme arrière et nage droit sur moi, sans hésitation. Son crawl a la régularité d¹un métronome. Quelques minutes plus tard, deux bras solides s’appuient sur la jupe du bateau, un visage surgit : Bébert. Merde ! Si je m’attendais… Sourires. De loin, le bougre m’avait reconnu. En mer, rien ne lui échappait. Son oeil était celui d’un vrai marin, sa mémoire visuelle aussi vitale que redoutable de précision. D’un coup de rein, il est monté à bord puis, un mug à la main, nous avons parlé des demains désormais évanouis alors que je peine à écrire ces mots. Nous avons parlé longtemps. Le soleil est monté. Je lui ai proposé de m’accompagner dans ma traversée prévue en solitaire, ce qu’il a décliné faute d'envie et de temps, lui qui en donnait pourtant beaucoup à ses amis. Sans doute voulait-il me laisser prendre seul un chemin choisi depuis des mois, un chemin qui m’appartenait. J’ai aussi compris que, de son côté, mille combats l’attendaient encore, combats qu’il a menés avec opiniâtreté et courage sans jamais se départir d¹une jeunesse d'esprit et d'une lucidité critique sur le monde et peut-être plus encore sur lui-même.

 

Video Live Production - Earth and Sea Images

Ce jour-là, petit coquillage blanc dans une existence de sel et d’eau, pouvais-je imaginer qu’une infinité de vagues plus tard, Bébert serait à mes côtés pour témoigner d’une traversée d’un autre genre, d’un engagement tout aussi parsemé de coups de vent mais également lumineux ? Bien plus que la générosité douteuse, Bébert possédait le sens subtil et délicat du cadeau sans calcul. La nuance est de taille et c’est aussi pour cela que je l’aimais. C’est aussi pour cela que je l’aime.

 

En le présentant à Cousteau au commencement des fouilles du Grand Conglu, Jean Flavien Borelli l’avait décrit comme le dieu de l’eau. Le premier président de la FFESSM se trompait, réducteur. Bébert était bien davantage. Au-delà du plongeur exceptionnel, nous savions l’homme bon, nous savions le… Les mots me manquent, ma vue se brouille, je n’y arrive plus. Ma main tremble, la fatigue m’assaille. En une fulgurante décennie, mon carnet d’adresses est devenu nécropole, sa lecture est insupportable. Maintenant que je sais la philosophie vaine et la religion sans effet, que me reste-t-il ? L’amour des miens et mon goût pour la mer. Et ce goût - me faut-il l’avouer maintenant ? - enfant rêveur, je le dois à Bébert. Comme beaucoup.

 

 

Parce que c’était un ami, Albert Falco a été, pendant plus de trente belles années, la ponctuation des moments les plus heureux de ma vie. Et il restera cet ami jusqu’à ce qu’arrive mon tour. C’est ainsi : en demeurant à mes côtés, Bébert va continuer de m’aider à vivre. J’embrasse Maryvonne. Très fort."

 

Pierre Martin-Razi

Commentaire de ISNARD Serge le 28 avril 2012 à 10:10

Un grand vide vient se faire avec la disparition d'Albert Falco- Je me souviendrais d'un homme toujours souriant, passionné et d'une grande humanité - J'ai commencé la plongée sous marine grâce à lui en 1970 et il m'a donné le virus de la mer. La calanque de Sormiou doit être bien triste sans lui -

Le monde du silence porte bien son nom aujourd’hui - Ma prochaine plongée sera pour lui - Je me sens très triste

Commentaire de Xavier le 28 avril 2012 à 10:11

Plongeur débutant, j'ai aperçu Falco en Juillet dernier (2011) sur le port de la Pointe Rouge près de Marseille, alors que nous partions plonger avec Doudou (Brissac).

Sachant ce que nous, plongeur loisir, devons à ces pionniers, j'en ai ressenti une certaine émotion, et beaucoup de gratitude.

Que de souvenirs d'enfance à découvrir les fonds marins grâce aux films "de Cousteau" auxquels il contribua.

Je suis heureux qu'il ait pu voir la réalisation du projet du Parc National des Calanques.

J'ai passé mon 2ème niveau PADI le...  22 Avril 2012...

Pour tout cela, merci Albert Falco.

Commentaire de Thierry FALLOT le 28 avril 2012 à 12:20

Son départ nous affecte profondément, il était notre modèle, notre guide, un homme hors du commun et si attachant.

Un homme de bien à qui les générations futures devront beaucoup.

Commentaire de Gilles WATTEBLED le 28 avril 2012 à 15:34

Parce qu'il a, avec le commandant, offert à un gamin de 8 ans ses premières vues sous-marine au travers de l'épopée de "la calypso" et permis qu'un jour lui aussi ailles découvrir les fonds qu'ils aimaient tant nous faire connaitre..

Adieu  monsieur Falco vous resterez dans le coeur de ce gamin devenu grand et chaque nouvelle plongée sera pour lui l'occasion de vous rendre hommage à sa manière.

Alors bon vent et encore de très belles plongées pour vous.

Commentaire de Patrick Paulus le 28 avril 2012 à 16:04

Toute ma jeunesse à été bercée par les récits de l'équipe Cousteau, et maintenant que je suis plongeur, j'en parle souvent sur mon blog http://passiondelaplongee.blog4ever.com/blog/index-397243.html

Allant tremper mes palmes de temps à autre au Lavandou ou à Cassis, je nourrissais l'espoir secret de rencontrer un jour Albert Falco ! Ca ne se fera jamais, mais il gardera toujours une petite place dans mon coeur, et une grande dans mon imaginaire ! 

Commentaire de Gilles ROPERS le 28 avril 2012 à 16:19

Rien à commenter derrière cet hommage , tout est dit et bien dit 

Commentaire de Roger Seillier le 28 avril 2012 à 20:59

au revoir  grand homme et à bientot

Commentaire de Pierre le 28 avril 2012 à 21:23

Bonjour à toutes et tous,

Je n'ai pas l'habitude d'intervenir sur ce genre de forum...

Mais pour Albert l'évidence prime!

J'ai eu la chance avec un petit groupe d'amis de croiser "le capitaine"

Dans un endroit paradisiaque de la Martinique en Avril 2010...

Il était en famille avec ses petits enfants et pourtant n'a pas

hésité a venir faire quelque photos et discuter avec nous...

Je n'oublierai jamais cette poignée de main...

à la fois douce et calleuse et cette humilité décrite par tous!

"moi ...je n'ai rien fait, le grand homme c'était mon patron...le commandant"

Merci Monsieur FALCO, toutes mes plongées futures auront un gout différent!

MERCI!

Commentaire de Sonia Woog le 28 avril 2012 à 22:51

Ce soir je suis triste, je viens d'apprendre la disparition d'Albert Falco. Le commandant Cousteau, Albert Falco et la Calypso ont accompagné ma jeunesse. C'est gâce à eux que je plonge. Un grand homme précurseur de la sauvegarde des océans. J'espère que sont rêve d'une réserve marine en Martinique se réalisera! Elle est indispensable.

Sonia

Commentaire de Robert Civallero le 29 avril 2012 à 7:50

Que dire de plus,pas grand chose le monde de la plongée viens de perdre une légende vivante,a titre personnel j'ai perdu un ami ,un exemple,un père spirituel.Ma mère Fernande viens de perdre un ami de 70 ans presque un frère a qui elle doit beaucoup.

J ai souvent dit Bébert m'a ouvert les yeux c'est en reference a mon baptême de plongée avec lui en 1974 dans la calanque de Sormiou car c'est vrai pour moi depuis ce jour la plus rien n a été pareil. Aprés avec lui chaque plongée devenait une véritable leçon .On dit qu'un ancien qui s'en va c'est un livre qui se ferme avec le départ de Bébert c'est toute une bibliothèque qui vient de disparaitre.Sa voix si particulière retentira toujours dans les murs de notre club à Sormiou qu 'il a construit en 1958,nous de notre coté nous nous efforcerons toujours d'améliorer et d'entretenir le magnifique cadeau qu il nous a fait.

Soyez en sur l'eau salée de Sormiou va avoir un gout de larmes pendant encore longtemps.

HOU HOP Capitaine bon vent pour ta dernière traversée vers le monde du silence

ROBERT

Commentaire de Benoit Amancy le 29 avril 2012 à 13:52

Un Grand bonhomme nous quitte.

Comme l'ont dit certains, il nous reste à propager son message ... et à rester humble devant cette planète qui nous aime, qui a tant à nous montrer, et à qui nous devons le plus grand respect

Adieu Monsieur, et MERCI pour toutes ces années à nous faire découvrir et aimer la mer ...

Merci à sa famille et à ses proches, vous pouvez être fiers à jamais de son action, de son abnégation de ce personnage si haut en couleur.

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