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Scuba Magazine plongée

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Bonjour à tous,

Je voudrais vous faire partager le récit un peu long d'un accident de plongée, narré par la victime, Marcel FONDACCI, moniteur BEES 1 (instructeur CMAS 2 étoiles).

Le récit de cette victime est reproduit in extenso à la suite et est à mon sens très instructif.

Bien évidemment, la sécurité en plongée est l'affaire de tous, plongeurs(ses), moniteurs(trices), responsables de centres, médecins, responsables d'organisation en plongée, CROSS, organismes de secours (SAMU, Sapeurs-Pompiers...), pouvoirs publics....

D'une manière générale, beaucoup d'acteurs des secours en plongée en France sont compétents et ont pour priorité d'améliorer la sécurité en plongée...mais parfois, il existe des dérapages...

Pour cette raison, il ne faut pas à mon avis généraliser ce récit, ni le sortir de son contexte...

J'ai milité dans ma dernière intervention du colloque national sur la sécurité en plongée de Poitiers 2010 pour développer une meilleure connaissance entre les différents acteurs de la chaîne des secours en plongée:

Présentation PDF de mon intervention:
http://www.aqua-web.net/tele/colloquePlsec2010denisjeant4.pdf 

http://www.aqua-web.net

N'hésitez pas à donner votre avis à la suite.

A+

Denis

Récit d'un accident de plongée (ADD) qu'a vécu un moniteur. Récit long mais instructif qui montre l'importance des secours et des bons gestes, aussi bien de la part des autres plongeurs que des ..... médecins !
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AU SECOURS !
Agay, le 6 septembre 2006…

La journée est magnifique, un ciel sans nuages, pas une ride ne déforme la surface de l’eau transparente, quel bonheur ! En ce début septembre les vacances sont terminées, les touristes sont repartis, le calme de l’arrière-saison se met doucement en place.
Jean-Marc, mon ami et complice de toujours, aurait dit : « c’est trop calme, ça ne me dit rien qui vaille…. », et nous en aurions ri ensemble, comme d’hab’.
Aujourd’hui, je plonge avec mon fils, la dernière plongée de l’année.
La « Bulle » dans la pointe du Dramont, le « Sol e Mar » dans l’Ile d’Or… Quelques dizaines de mètres plus bas le « Totto va bene » nous attend. Ce superbe rocher que j’ai découvert il y a presque 30 ans tire son nom d’une mauvaise interprétation de « tout va bien » que Giuseppe, ami plongeur italien, m’avait crié de loin depuis son zod’.
Nous jetons l’ancre qui descend, descend, descend encore puis s’arrête… et nous nous préparons tranquillement avant de basculer dans une eau limpide à 26° …
Nous nous glissons longuement le long du mouillage, la plongée est profonde, la tête du caillou est vers 60 mètres mais l’ancre a raté sa cible de quelques mètres, elle est au sable, un peu plus bas. Nous y allons, juste le temps d’y accrocher le parachute qui nous aidera à la remonter tout à l’heure. 77 mètres à l’ancre, 3 minutes descente comprise, le mousqueton est en place, nous remontons à 60 mètres faire encore une fois le tour de ce magnifique bout de rocher. Tiens, aujourd’hui un chapon a remplacé la mostelle qui nous attend d’habitude dans le trou au sommet du caillou…
Mais le temps passe vite… 12 minutes à l’Aladin et nous remontons déjà… nous n’avons pas envie de passer des heures dans d’interminables paliers. 4, 6, 14… ça reste raisonnable… Nous arrivons à 9 mètres, l’amie de mon fils plonge du bateau et de la surface nous fait quelques signes amicaux. Les minutes passent tranquillement.
Au dernier palier, à 3 mètres, j’ai un peu froid… je demande à mon fils s’il a froid lui aussi, non… bof, ça arrive parfois ! Les minutes s’écoulent encore, je ne me sens décidément pas très à l’aise, le froid me gêne de plus en plus, je suis impatient d’en terminer et de voir enfin le « 99 » sur mon ordi. Ca y est, le voilà, pas trop tôt !
Je remonte tranquillement en surface et d’un coup de palme essaie de rejoindre le bateau… mais, sous un magnifique soleil, un temps splendide, MES JAMBES NE BOUGENT PLUS, MES BRAS NE M’OBEISSENT PLUS, JE SUIS COMPLETEMENT PARALYSE… il est 13h15 le 6 septembre, j’appelle à l’aide « Laurent, j’ai un problème ! », le cauchemar vient de commencer… 
Ca s’agite autour de moi, mon fils me déséquipe dans l’eau, il hurle des ordres à son amie, je ne sais plus exactement ce qui se passe, je plonge dans une semi-inconscience… Me voilà à présent allongé au fond du bateau… j’entends Laurent crier « donne-lui de l’aspirine ! », puis téléphoner aux secours en réclamant un hélico, je l’entends dire « je coupe le mouillage ! »… et je sens le bateau se mettre en route à grande vitesse vers le port d’Agay. La balise des 300 mètres a dû virer au rouge !
Nous arrivons au port… un curieux, ayant vu l’ambulance du SAMU, bloque l’accès au quai avec son bateau, « Dégagez, dégagez ! » hurle mon fils… les choses s’accélèrent, je ne les comprends pas toutes, mon esprit saute des passages, je vois des pompiers monter sur le bateau pour m’extraire, ils me mettent sur un brancard, je ferme les yeux, ma force s’en va… ils me transportent jusqu’à l’ambulance. Alors que je vais rentrer dans l’ambulance, une voix « Marcel, Marcel, regarde-moi, c’est Danielle, c’est Danielle ! », une voix pleine d’émotion qui me sort de ma torpeur. J’ouvre les yeux, à peine le temps de voir le visage de cette amie qui se gravera à jamais dans mon esprit et que je reverrai pendant de longues nuits après mon accident.
Et j’entre dans l’ambulance : immédiatement perf et oxy, les minutes passent.
Ca revient ! Mes jambes et bras bougent à nouveau, je me mets à penser que, finalement, ce n’est peut-être pas si grave.
Un médecin entre dans l’ambulance, me dit sans ménagements que plonger si profond, ce n’est pas prudent, qu’il faut plonger aux mélanges (!)… je lui demande qu’on me fasse boire, il refuse sans discussion, je lui dis que l’eau est conseillée en cas d’ADD, que je sais ce que je dis, que je suis moniteur…
« et moi, je suis médecin du SAMU, et je dis pas d’eau ! » fut sa dernière phrase en sortant de l’ambulance. J’appris par la suite que ce même médecin avait également été agressif envers mon fils, faisant fi de son évident état de stress et d’inquiétude.
Nous attendons l’hélico, ça va mieux, je fais un signe à mon fils par la portière entr’ouverte, ça va, ne t’inquiète pas, on se sourit.
Je me laisse aller… puis le bruit de l’hélico, on vient me chercher, on me transfère sur le brancard, on change ma source d’oxygène pour utiliser celle du nouveau moyen de transport, ça va vite, me voilà à l’intérieur. On me sangle pour éviter toute chute, une infirmière me dit « si vous avez un problème, nous sommes là, faites-nous signe, nous interviendrons. », et nous décollons.
Presque tout de suite, je me rends compte qu’il m’est difficile de respirer, qu’il n’y a pas assez de débit, que je force pour inspirer, je ne me sens pas bien du tout. Je le signale à l’infirmier qui me fait face, il me regarde et, désignant le casque antibruit qu’il a sur les oreilles, m’indique qu’il ne peut pas entendre et que nous allons continuer vers l’hôpital, il tourne la tête et ne me regarde plus. Je l’appellerai ainsi à l’aide cinq ou six fois pendant le trajet, j’aurai toujours la même réponse ! Je le vois profiter de la balade et admirer le paysage… moi je sens mes jambes s’engourdir à nouveau. J’appris par la suite qu’on ne peut avoir d’oxygène normo bar sans insufflateur (ambu) pour jouer le rôle de tampon lors de l’inspiration, je n’ai qu’un petit masque facial depuis ma prise en charge par l’hélico. A quelle altitude sommes-nous ? Mes pensées s’entrechoquent… Qu’est-ce qui m’arrive ?
Vingt minutes plus tard, nous nous posons. Nous sommes à Toulon, dans un hôpital dont on pourrait dire que le bonheur n’est pas au fond de son pré ! On me transfère sur un nouveau brancard, celui de l’hôpital sur lequel il n’y a pas d’oxygène, l’hélico est reparti avec sa bouteille. Les couloirs de l’hôpital défilent… un brancardier demande « on l’emmène au caisson ? », son collègue lui répond « non, aux urgences. ».
Je suis à présent dans un couloir des urgences, j’attends… toujours pas d’oxy, je ne sais pas estimer le temps qui passe mais c’est long… jusqu’à ce qu’une infirmière passe par là et dise « mais il n’a rien à faire là, il faut l’emmener au caisson ! », je suis transporté au service hyperbare, je ne bouge plus du tout…
Dans le service, personne, à part une secrétaire. Alors que je sens mes forces m’abandonner, elle se plante devant moi et d’un oeil sombre m’apostrophe « est-ce qu’au moins vous vous rendez compte de ce que vous avez ? C’est un accident médullaire, Monsieur, c’est très grave ! Vous comprenez, Monsieur ? » et elle insiste encore avant de s’asseoir à son bureau, apaisée. Mon état, sa gravité, bien sûr que je mesure !
Depuis son bureau, elle me demande mon nom, mon adresse, insipide questionnaire administratif, avant de me demander mes paramètres de plongée, profondeur, durée, paliers… Quand je lui annonce 4, 6, 14, elle me demande « combien de minutes à 14 mètres ? », je deviens fou, elle n’y connait rien. Apercevant mon Aladin sur le bureau, je luis dis de regarder ça sur l’ordi, elle me répond qu’elle ne sait pas comment ça marche ! Je lui dis de mouiller ses doigts et de les appliquer sur les contacts, elle plaisante en demandant s’il ne faut pas utiliser de l’eau salée… je n’ai plus aucune forme d’humour décidément, ça ne m’amuse pas du tout. Et le temps passe…
Un infirmier arrive, on attend le médecin, qui finit par arriver un peu après. Et, alors que la priorité est la recompression, il m’inflige des tests complets, « pique-touche » puis « chaud-froid » sur tout le corps. Je lui dis dès le début que je ne sens rien nulle part, qu’importe, il ira jusqu’au dernier test au bout des doigts de pied, un par un. Le caisson est libre pourtant, juste à côté de moi, je le regarde fixement. L’infirmier tente de placer une sonde urinaire, il n’y arrive pas, le médecin l’engueule en lui disant qu’on avait assez perdu de temps comme ça, qu’il allait le faire lui-même.
Je lui dis « si je dois rester comme ça, appuyez sur le bouton, faites quelque chose, je ne veux pas… », « on n’a pas le droit… » répond-il, « alors laissez-moi la possibilité de le faire… », dialogue surréaliste, il y a quelques heures à peine, je plongeais dans l’eau limpide de cette Méditerranée que j’aime tant !
Et j’entre enfin dans le caisson, plus de trois heures après ma sortie de l’eau.
Dans le caisson le médecin m’explique qu’à ma sortie, dans cinq heures, on saura où on en est et que ce sera le point-zéro de ma récupération, que ça ne pourrait ensuite que s’améliorer.
Tables de recompression utilisées, les COMEX 18 (2,8 ATA). J’appris ultérieurement que les spécialistes s’accordent à dire qu’un ADD neurologique grave (type II) doit être traité au minimum avec des COMEX 30 (4 ATA).
Quand je sors du caisson, il est 21h30, je n’ai rien récupéré.
Pendant les heures qui suivent, contrairement à ce qui m’a été dit, ça s’aggrave, je sens un engourdissement qui monte jusqu’à ma poitrine, je vais y rester, j’en suis sûr à présent… ça vaut mieux finalement, je ne me vois pas finir comme ça, je n’ai pas peur, je suis prêt. J’appelle mon fils pour le lui dire et régler les derniers détails.
Mes premières nuits sont insupportables mais je survis. La journée, d’inutiles séances de caisson à 15 mètres ne m’apportent rien… je suis avec des personnes ayant des pathologies moins sévères (c’est sûrement plus simple à gérer que des séances spécifiques individuelles). Puis vint la rééducation…
Aujourd’hui, quatre ans après, après avoir survécu au pire, je suis dans un fauteuil, tétraparétique. Je bouge mes bras et marche difficilement sur 100 à 200m avec des béquilles.
Je n’épiloguerai pas sur les conséquences personnelles, familiales et bien sûr physiques et psychiques que cette situation a engendrées. L’oubli dans lequel on tombe aux yeux de ceux que l’on croyait être des amis et leur absence sont parmi les choses les plus difficiles à accepter. Heureusement, de nouvelles amitiés se tissent et l’aide non démentie des plus fidèles amis est précieuse, indispensable.
Pourquoi ai-je écrit cela ?
Ecrire n’a pas été facile, j’ai puisé loin dans mes ressources pour le faire, c’est douloureux.
Je certifie la stricte exactitude des faits relatés, je n’ai ni menti, ni exagéré.
Je remercie ceux qui, lors de cette terrible journée, m’ont apporté leur aide. Mon fils Laurent tout d’abord mais aussi ceux (pompiers ou SAMU) qui étaient déjà là lors de notre arrivée au port, m’ont sorti du bateau et apporté les premiers secours avec rapidité et efficacité, le personnel infirmier et aide-soignant lors des journées qui suivirent. Souvenir ému de cette main qui, silencieusement, se posa sur mon épaule un jour que je pleurais, seul dans ma chambre d’hôpital…
Au-delà de mon cas personnel, je veux vous dire que ça peut vous arriver, soyez prudents… et vigilants. Je n’ai pas analysé dans ce texte les causes de l’accident, mais il est évident que les conditions dans lesquelles mon accident a été géré, a laissé un doute légitime puis la colère dans mon esprit quant à la compétence et l’information (ou la formation) des personnels médicaux en charge des secours d’urgence.
Pour éviter que cela n’arrive à d’autres, j’ai essayé de mettre en lumière les différentes erreurs commises, les dysfonctionnements et les informations dont nous, plongeurs, devrions disposer afin d’être secourus efficacement. S’y ajoutent quelques suggestions.
Je pense que la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins qui a fait beaucoup d’efforts pour former les plongeurs aux gestes de secourisme devrait à présent avoir une action en direction des personnels médicaux en charge des accidents de plongée. Je propose également qu’elle informe ses adhérents de tout l’aspect « secours » et « traitement médical » au lieu de s’arrêter à l’arrivée des secours. C’est important. Informer le personnel médical de ce que nous apprenons, le B-A-BA du secourisme. En particulier, la nécessité de rassurer la personne en détresse.
En cas d’accident, toujours emmener avec soi un proche qui saura activer l’efficacité des secours, l’accidenté n’en a pas la force (plutôt quelqu’un qui saura se faire entendre). Ne partez jamais seul ! Dans mon cas, la non-assistance dans l’hélico, l’absence d’oxygène à l’hôpital, mon séjour inutile aux urgences, et autres… auraient pu être évités.
Mon fils aurait dû être emmené avec moi, il avait fait la même plongée avec les mêmes paramètres et aurait pu, lui-aussi, développer ultérieurement un ADD, on l’a laissé partir. La palanquée doit faire partie du traitement de l’accident.
Les centres hyperbares ne sont pas équivalents, ils sont plus ou moins bons, informez-vous lors de vos séjours sur leurs compétences ou réputations respectives. Si l’accident arrive, renseignez-vous auprès d’autres centres hyperbares, sur la pertinence et la validité des traitements effectués. Celui de l’Hôpital Edouard Herriot à Lyon est excellent, il fait des miracles (Docteur Delafosse et recompressions hélium-oxygène à 50m)… un transfert rapide n’est peut-être pas à exclure.
L’hélico est-il vraiment plus rapide qu’une ambulance ? Le temps de transfert est court mais il faut attendre qu’il arrive sur site.
La modification de la législation sur l’oxygène et ses contraintes oblige à la location de matériel. Elle n’est pas adaptée à la plongée de loisirs hors-club pour de courtes périodes. Beaucoup de plongeurs individuels n’en ont plus à bord…
Il faut absolument éviter de rajouter au poids du traumatisme que l’on vit, les reproches, les remarques désobligeantes, les propos inutiles et blessants pour se focaliser sur l’efficacité et la rapidité des traitements, y ajouter un côté humain.
C’était pourtant une belle journée…

Marcel FONDACCI - Novembre 2010 - BEES 1 – 13930364

Transmettez ce document à vos amis, à votre club, à tous ceux qui pourraient un jour être concernés.

N’hésitez pas à m’envoyer vos remarques, suggestions ou questions à m.fondacci@yahoo.fr
Copie de ce document a été envoyée à la FFESSM, aux clubs, à mes amis plongeurs, aux organismes concernés et à différentes revues de plongée (OCEAN, SUBAQUA, PLONGEE-MAG, Plongeur.com).
J’ignore la suite qu’ils y donneront…

ANNEXES

Profil de la Comex 30: Le profil de la Comex 30 est utilisé dans des cas plus sévères lorsque l’état du plongeur accidenté continue toujours à se dégrader à 18 mètres d’eau de mer après avoir commencé avec le profil de l’US Navy TT6. Dans ce cas il n’y a pas d’autre choix que de descendre à la profondeur où les symptômes se stabilisent pour éviter toute aggravation. Pour ce faire, il sera nécessaire de changer la mixture de gaz introduite dans le masque du plongeur de l’oxygène pur à un mélange nitrox (50/50) mais l’idéal restant un mélange héliox (hélium/oxygène 50/50). Ce changement sera effectué à 18 mètres d’eau de mer et vise à limiter les risques de toxicité à l’oxygène. D’autres précautions vont être nécessaires relatives au personnel de caisson (attendant) qui sera exposé à la narcose en respirant l’air ambiant du caisson à une profondeur de 30 mètres d’eau de mer. Le deuxième cas dans lequel ce type de traitement peut être bénéfique est lorsqu’un plongeur accidenté peut être traité très tôt après l’apparition des premiers symptômes (quelques heures). A ce moment là, un accroissement de la pression peut s’avérer bénéfique. Le profil exposé ci-dessous est celui de la Comex 30 modifiée qui une fois à 18 mètres d’eau de mer, permet de se baser sur un profil bien connu des opérateurs de caissons qui est l’US Navy TT6.

Mots clé : 1, ADD, BEES, FONDACCI, Marcel, Var, accident, médulaire, plongée, récit

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Réponse(s) à cette question

Bonjour à tous,

La victime d'un ADD médulaire dont le récit d'accident de plongée est publié plus haut, apporte des précisions publiques sur le forum du Usenet de langue française sur la plongée fr.rec.plongee que je relais in extenso à la suite.


fr.rec.plongee, forum du Usenet sur la plongée en langue française

Fil de discussion que j'ai lancé sur le sujet:
(LONG) récit accident de décompression - Au secours !

A+

Denis
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Publié il y a 4 heures, 16 minutes sur fr.rec.plongee
Marcel FONDACCI - m.fondacci@yahoo.fr

Bonjour,

Je voudrais apporter quelques précisions sur mon récit. Je les ai déjà transmises à Olivier en message privé.

Tout d'abord, la gravité de ce qui s'est passé ce jour-là m'a fait enregistrer chaque détail dans la pierre !
Après avoir rappelé que mes proches ont été surpris du niveau de précision et de détails que j'ai pu fournir :
"j'ai assisté à l'arrivée du médecin demandant à ton fils s'il avait plongé avec toi. A la réponse affirmative de ton fils, il lui a passé une engueulade sur la profondeur de votre plongée. Je n'ai pas tout saisi, occupée à récupérer tes affaires de plongée.

Je n'avais pas réalisé que tu étais si lucide au port et sur l'esplanade. Tu te souviens de tellement de détails...."

Le compte-rendu médical établi par le médecin lors de mon transfert en rééducation atteste par ailleurs que "Le patient était parfaitement conscient...." (sic)

Par ailleurs, mon dossier médical ne spécifie aucune analyse préalable (radio, scanner, irm) qui aurait été faite.
Une irm a été réalisée le 13/09, soit une semaine après.

L'hôpital de Font-Pré à qui j'ai transmis ce récit n'a fait aucune remarque à ce jour.

Olivier répond à cela que j'aurais oublié des détails et que ceci "biaise" mon analyse.

Quand je dis "l'absence d'oxygene a l'hopital, est corroboré par le fait que j'ai eu a repondre a des questions lors de mon admission au service hyperbare. Comment aurais-je pu si j'avais eu un masque sur le visage ?"
, il répond: "On parle sans aucune difficulté avec un masque à oxygène sur le visage.

Bon, certains modèles (rares) ne le permettent pas, et le bruit du débit de gaz compliquent la compréhension, mais pas plus que ça."

... sous-entendant que je devais avoir de l'oxy sans m'en rendre compte... Non, j'ai remarqué dès la sortie de l'hélico que je n'en avais plus. Ayant depuis fait l'expérience avec un masque sur le visage, le résultat n'est pas très concluant non plus surtout quand il s'agit d'un questionnaire administratif et que l'on répond à une personne se trouvant à 3 ou 4 mètres de soi. L'ami qui s'est prêté à cette expérience avec moi ne comprenait rien... et ma voix n'était pourtant pas affaiblie comme ça devait être le cas ce jour-là.

On peut aussi, c'est démontré, courir un 100m avec des palmes aux pieds... mais ce n'est pas très pratique et on s'en rend compte !

Non, je n'avais pas d'oxy, désolé.

d'après les comptes-rendus d'intervention, il s'est écoulé entre une heure et une heure et demie entre mon arrivée aux urgences et le caisson. Que s'est-il donc passé pendant tout ce temps ? Sachant qu'aucun examen n'a été fait (cf dossier médical).

Des détails que j'aurais oubliés ? Une foule, dont je n'ai pas parlé:
le médecin m'a dit que sa soirée était foutue, il avait prévu d'aller au restau avec sa femme, etc... mais qui n'apportent rien au débat. J'étais conscient, lucide et attentif !

Voilà, le problème est bien réel et les faits sont têtus !
Sur un autre type d'accident où les urgentistes font de nombreux gestes médicaux, il est certain que l'on peut oublier ou confondre.

Dans le cas d'un ADD avéré, quand le seul traitement est le caisson, il est facile de se rappeler de tout, surtout quand on est conscient (cf le compte-rendu du médecin).

Bien amicalement à tous,

Marcel FONDACCI
Bonsoir Marcel

Je suis infirmière, et malheureusement, dans toutes les équipes, il y a du personnel qui fait du zèle et qui n'écoutent pas le ressenti et le vécu du patient et surtout qui ne supportent pas que certaine personnes soient parfois plus compétentes en la matière qu'eux parce qu'eux......ce sont des médecins et eux....ils savent ! ! ! Voilà sans doute une des raisons qui fait que tu as perdu du temps avant d'aller au caisson.
Ca ne changera rien au déroulement de ton histoire, mais si ça pouvait en aider d'autres, déjà, ce serait une avancée.

Quant aux engueulades que tu as dû recevoir, elles sont humaines, j'aurais sans doute fait la même chose, je rencontre beaucoup trop de plongeurs qui pensent que ça n'arrivera qu'aux autres, qui jouent avec la profondeur, et rigolent de leurs exploits......jusqu'au jour où.......

Je te souhaite beaucoup de courage et t'envoie plein de bisous.
Michelle
Bonjour Michelle,

Merci de ton message et des tes remarques.

Juste un bémol, concernant les engueulades... à quoi servent-elles ? Elles sont de nature à faire évoluer défavorablement la situation. Alors ont-elles leur place lors d'un accident ?

Pour ma part, je n'ai jamais pensé que ça ne pouvait arriver qu'aux autres et n'avais pas souhaité faire un exploit. Serait-il normal d'engueuler un motard qui vient d'avoir un accident grave au prétexte que la moto c'est dangereux ? Pareil pour la voiture.. Je pense que ça ne peut qu'induire une réaction défavorable de l'état du patient, ce qui n'est pas, à mon sens, le but recherché.

Merci pour ton soutien et bisous aussi,

Marcel.
Bonsoir Michelle,

Michelle Pastureau a dit :
Bonsoir Marcel
Je suis infirmière, et malheureusement, dans toutes les équipes, il y a du personnel qui fait du zèle et qui n'écoutent pas le ressenti et le vécu du patient et surtout qui ne supportent pas que certaine personnes soient parfois plus compétentes en la matière qu'eux parce qu'eux......ce sont des médecins et eux....ils savent ! ! ! Voilà sans doute une des raisons qui fait que tu as perdu du temps avant d'aller au caisson.
Ca ne changera rien au déroulement de ton histoire, mais si ça pouvait en aider d'autres, déjà, ce serait une avancée.

Quant aux engueulades que tu as dû recevoir, elles sont humaines, j'aurais sans doute fait la même chose, je rencontre beaucoup trop de plongeurs qui pensent que ça n'arrivera qu'aux autres, qui jouent avec la profondeur, et rigolent de leurs exploits......jusqu'au jour où.......

Je te souhaite beaucoup de courage et t'envoie plein de bisous.
Michelle

Merci pour ton avis et tes remarques de professionnelle de la santé.

L'accident de plongée comme décrit est de nature anxiogène et nous renvoie à l'image de notre mort. Imaginez-vous découvrir que vous êtes paralysé à la suite d'une plongée....

Il me semble important dans ce contexte de prendre en compte la dimension humaine et pyschologique de la victime et de son entourage qui sont sous le choc.

A mon sens la culpabilisation de la victime n'a pas sa place dans le contexte du traitement d'un accident de plongée...

A mon humble avis, c'est avec ce type d'attitude que l'on peut encourager ou que l'on entretien dans la communauté des plongeurs le déni individuel et collectif face à l'accident de plongée.

Voir au sujet du déni face à l'accident de plongée, ma présentation au format PDF et proposée sur ce précédent post suite à mon intervention au colloque national sur la sécurité en plongée qui s'était déroulé à Poitiers en mars 2010:

http://www.scuba-people.com/group/medecineplongee/forum/topics/coll...

Michelle, je partage ton avis. Comme dans tous les domaines d'activité, de compétences ou professionnels, l'intelligence pratique voudrait d'apréhender ses propres limites (on en a tous, moniteur de plongée compris, quelque soit notre niveau de compétences ou d'incompétences ;-) et de faire appels à des personnes ressources ou référentes...

Ce n'est pas toujours la démarche suivie...et reconnaître ses limites, c'est aussi accepter que l'on peut avoir certaines faiblesses...parfois cela contrarie l'ego comme tu peux l'écrire ;-)

J'ai rapporté ce récit d'accident de plongée, car je pense qu'au delà du drame humain, il est très instructif et est très utile pour une prise de conscience par la communauté des plongeurs et des acteurs des secours en plongée en France.

Il peut permettre d'en tirer des enseignements pour éviter qu'une situation similaire se reproduise à l'avenir.

Il faut beaucoup de courage et de sens de l'intérêt général pour s'inscrire dans une telle démarche et raconter son propre accident. C'est tout à l'honneur de Marcel que je remercie au passage.

Souvent beaucoup d'accidents de plongée n'entrainent pas de retours d'expériences et tombent donc dans l'oubli général...

Et malheureusement, parfois, l'histoire n'est qu'un éternel recommencement....

A mon sens, l'accident s'il s'accompagne d'un retour d'expérience peut être une opportunité de progrès collectif et non se limiter à une "parenthèse malheureuse" à vite oublier.

Pour information, le service hyperbare de l'hôpital Font-Pré de Toulon a fermé depuis.

Bonne soirée à tous,

Denis
Salut Marcel,

je sais que tu ne m'en voudras pas pour ce post, même s'il suscite nombre de critiques de la part d'autres plongeurs ;-)

Courage, la vie est un joyau, et tu en es porteur ;-)

Une question est souvent posée au médecin : pourquoi évoluer quand on a longtemps plongé avec son vieil ordinateur, sans problème apparent ?
Tout simplement parce qu’il est possible de réduire au maximum la part occupée par les soi-disant » accidents immérités » ainsi que la survenue des micro-bulles maintenant mieux connues. La décompression est un phénomène vivant, variable et complexe. L’ordinateur de plongée doit être capable de s’adapter au plus près de la physiologie et de la réalité.

Olivier

(je ne suis ni médecin, ni vendeur d'ordinateurs de plongée, mais un simple plongeur qui a conscience que nous mettons notre vie dans les mains d'une machine, qui n'est qu'un programme plus ou moins évolué ;-)

Hasta la victoria, siempre !

Je t'aime, merci et joyeuse Thanksgiving à toi Marcel !
D'accord avec toi, nostalgie des GERS 65 et de la courbe de sécurité avec 20 minutes à 40 mètres !

Par contre, je n'irai pas forcément demander ça à un médecin, j'ai comme un doute... ;-)

Merci pour tes voeux, pareil à toi.

Marcel


VAMOS! a dit :
Salut Marcel,

je sais que tu ne m'en voudras pas pour ce post, même s'il suscite nombre de critiques de la part d'autres plongeurs ;-)

Courage, la vie est un joyau, et tu en es porteur ;-)

Une question est souvent posée au médecin : pourquoi évoluer quand on a longtemps plongé avec son vieil ordinateur, sans problème apparent ?
Tout simplement parce qu’il est possible de réduire au maximum la part occupée par les soi-disant » accidents immérités » ainsi que la survenue des micro-bulles maintenant mieux connues. La décompression est un phénomène vivant, variable et complexe. L’ordinateur de plongée doit être capable de s’adapter au plus près de la physiologie et de la réalité.

Olivier

(je ne suis ni médecin, ni vendeur d'ordinateurs de plongée, mais un simple plongeur qui a conscience que nous mettons notre vie dans les mains d'une machine, qui n'est qu'un programme plus ou moins évolué ;-)

Hasta la victoria, siempre !

Je t'aime, merci et joyeuse Thanksgiving à toi Marcel !
Tu as raison, moi non plus...j'ai juste copié un extrait d'un post sur un autre forum, qui correspondait à ce que je voulais exprimer...j'aurais du remplacer "médecin" par "moniteur" ;-)



Marcel FONDACCI a dit :
D'accord avec toi, nostalgie des GERS 65 et de la courbe de sécurité avec 20 minutes à 40 mètres !

Par contre, je n'irai pas forcément demander ça à un médecin, j'ai comme un doute... ;-)

Merci pour tes voeux, pareil à toi.

Marcel


VAMOS! a dit :
Salut Marcel,

je sais que tu ne m'en voudras pas pour ce post, même s'il suscite nombre de critiques de la part d'autres plongeurs ;-)

Courage, la vie est un joyau, et tu en es porteur ;-)

Une question est souvent posée au médecin : pourquoi évoluer quand on a longtemps plongé avec son vieil ordinateur, sans problème apparent ?
Tout simplement parce qu’il est possible de réduire au maximum la part occupée par les soi-disant » accidents immérités » ainsi que la survenue des micro-bulles maintenant mieux connues. La décompression est un phénomène vivant, variable et complexe. L’ordinateur de plongée doit être capable de s’adapter au plus près de la physiologie et de la réalité.

Olivier

(je ne suis ni médecin, ni vendeur d'ordinateurs de plongée, mais un simple plongeur qui a conscience que nous mettons notre vie dans les mains d'une machine, qui n'est qu'un programme plus ou moins évolué ;-)

Hasta la victoria, siempre !

Je t'aime, merci et joyeuse Thanksgiving à toi Marcel !
Bonsoir Marcel
Dans ta réponse, tu parles des motards, il se trouve que j'ai fait de la moto aussi, et j'ai du mal à comparer les 2, les accidents de motos et ceux de plongée.
Tu vas peut-être hurler mais ayant fréquenté les 2 milieux, je trouve qu'en plongée, il y a plus de prise de "risque".

Denis parle d'accidents immérités, mais sont-ils vraiment immérités ? N'y a-t-il pas une part de responsabilité du plongeur dans chaque ADD ? N'y a -t-il pas à un moment donné ou un palier non respecté ou un profil inversé ou......
Je n'ai pas une grande expérience, j'ai commencé il y a 5 ans, mais j'en ai vu des plongeurs félés, même si j'entends tout le monde dire " oh pas moi, je suis prudent moi ! ! ", je les entends parler et raconter et quand j'entends certaines choses, même si je ne la ramène pas .......

Quant aux engueulades, ce n'était pas le terme exact que j'aurais dû employer mais plutôt réflexions. Et même s'il est vrai que ça ne sert à rien, quand on apprend comment ça s'est réellement passé, je t'assure que parfois elles sont justifiées, alors, c'est vrai aussi que ce n'est pas le rôle des soignants de juger et de critiquer mais devant l'inconscience de certains, il arrive que tout le monde paye, surtout si c'est un jour où le service déborde ! Je ne cautionne pas ça, j'essaye de trouver une explication aux comportement de certains.

J'te bise.
A bientôt
Tu as parfaitement raison, j'ai fait de la moto, moi aussi....

... ...

... ...

et je HURLE !

Bises


Michelle Pastureau a dit :
Bonsoir Marcel
Dans ta réponse, tu parles des motards, il se trouve que j'ai fait de la moto aussi, et j'ai du mal à comparer les 2, les accidents de motos et ceux de plongée.
Tu vas peut-être hurler mais ayant fréquenté les 2 milieux, je trouve qu'en plongée, il y a plus de prise de "risque".

Denis parle d'accidents immérités, mais sont-ils vraiment immérités ? N'y a-t-il pas une part de responsabilité du plongeur dans chaque ADD ? N'y a -t-il pas à un moment donné ou un palier non respecté ou un profil inversé ou......
Je n'ai pas une grande expérience, j'ai commencé il y a 5 ans, mais j'en ai vu des plongeurs félés, même si j'entends tout le monde dire " oh pas moi, je suis prudent moi ! ! ", je les entends parler et raconter et quand j'entends certaines choses, même si je ne la ramène pas .......

Quant aux engueulades, ce n'était pas le terme exact que j'aurais dû employer mais plutôt réflexions. Et même s'il est vrai que ça ne sert à rien, quand on apprend comment ça s'est réellement passé, je t'assure que parfois elles sont justifiées, alors, c'est vrai aussi que ce n'est pas le rôle des soignants de juger et de critiquer mais devant l'inconscience de certains, il arrive que tout le monde paye, surtout si c'est un jour où le service déborde ! Je ne cautionne pas ça, j'essaye de trouver une explication aux comportement de certains.

J'te bise.
A bientôt
Bonsoir Michelle,
Michelle Pastureau a dit :
Bonsoir Marcel
Dans ta réponse, tu parles des motards, il se trouve que j'ai fait de la moto aussi, et j'ai du mal à comparer les 2, les accidents de motos et ceux de plongée.
Tu vas peut-être hurler mais ayant fréquenté les 2 milieux, je trouve qu'en plongée, il y a plus de prise de "risque".

Denis parle d'accidents immérités, mais sont-ils vraiment immérités ? N'y a-t-il pas une part de responsabilité du plongeur dans chaque ADD ? N'y a -t-il pas à un moment donné ou un palier non respecté ou un profil inversé ou......


J'te bise.
A bientôt

Je ne parle pas d'accidents immérités !!! Mérite-t-on d'avoir un accident de plongée ? Je pense que non. La morale n'a rien à voir à mon avis dans le domaine ;-)

Pour caricaturer, l'influence judéo-chrétienne inculque que l'accident en général serait la conséquence d'une faute...Le dicton populaire reprend cette idée avec "il n'y aurait pas de fumée sans feu"...Pour caricaturer, j'ai un accident, je suis donc fautif...

A mon avis, ce mode de pensée au sujet de l'accident de plongée ne peut qu'encourager le déni individuel ou/et collectif face à l'accident de plongée, avec un retard de l'alerte des secours préjudiciable à la victime.

Pour caricaturer, je ne peux pas avoir d'accident de plongée, car je n'ai commis aucune faute... Si je ne sens plus mes jambes, c'est à cause du froid ou de ma combinaison qui me sert trop. Si j'ai des nausées c'est à cause du mal de mer....

En général, je préfère plutôt parler d'accident de plongée inattendus.

Parfois, on voit certains plongeurs négliger certains aspects de la sécurité et des procédures (en faisant sauter par exemple un palier) et ne pas avoir d'accident de plongée. Et d'autres, respecter à la lettre les procédures de décompression et faire des accidents. Nous ne sommes pas tous égaux face à la décompression.

Le seul fait de respecter les procédures ne suffit pas pour supprimer le risque d'accident de plongée. Au mieux, il permet de le réduire. C'est un peu comme pour le code de la route. Respecter le code de la route permet de réduire le risque d'accident sur la route mais sans jamais complètement le supprimer. On peut avoir un accident de la route même en respectant le code de la route...

Au passage, une bonne partie des accidents de plongée ont lieu avec respect des procédures de décompression (de l'ordre de 80%) selon certaines sources. Pour cela, je vous renvoie à l'une des vidéos en ligne sur une intervention proposée par le Dr E. Bergmann lors du colloque de Poitiers: 4. L'accidentologie en plongée loisirs : Etat des lieux.

A mon avis, il ne faut pas non plus négliger le fait que les accidents de plongée sont multifactoriels et que les facteurs favorisants jouent un rôle très important dans leur survenue.

A mon sens, ce n'est pas en culpabilisant les gens que l'on pourra faire évoluer les comportements. C'est surtout par la prévention, l'éducation au risque. A-t-on vraiment conscience de ce qu'est un accident de plongée avant d'avoir été témoin ou victime ?

Nous en avons tous une certaine représentation, différente, en fonction de notre expérience, de notre vécu, de nos connaissances, de nos croyances....Le plus souvent, une représentation plutôt livresque, abstraite et conceptuelle. Et pour caricaturer, le plus souvent les accidents concernent plutôt les autres...car on est nous même compétents et qu'on suit bien les bonnes procédures en plongée...

C'est la raison pour laquelle je pense que le témoignage de Marcel est important pour lutter contre bon nombre d'idées reçues sur le sujet. C'est le type de témoignage qui est plus parlant qu'une majorité de cours théoriques sur le sujet des accidents.

J'te bise aussi et vous souhaite à tous un bon WE,

Denis
Très juste Denis,

Remplaçons le terme "immérité" par "inattendu". Dans mon cas, il n'y avait pas de faute de procédure et pourtant...
On peut cependant tout à fait parler de facteurs favorisants.
Tu sais, cette plongée, je l'ai refaite mille fois dans ma tête. J'ai élargi aux heures, aux jours qui précédaient... à tout ce qui aurait pu ou dû être fait en prévention.
Alors, oui bien sûr, quand on cherche désespérément, qu'on essaie de comprendre pourquoi, on trouve des bribes d'explications ça et là. En les réunissant, on peut dessiner une ébauche d'explication... mais c'est une démarche personnelle très difficile que de se dire "je n'aurais pas dû car...". C'est tellement émaillé de regrets que c'en est insupportable.

L'absence d'envie de plonger, par exemple...

J'arrête là, bon week-end à tous !


Denis JEANT a dit :
Bonsoir Michelle,
Michelle Pastureau a dit :
Bonsoir Marcel
Dans ta réponse, tu parles des motards, il se trouve que j'ai fait de la moto aussi, et j'ai du mal à comparer les 2, les accidents de motos et ceux de plongée.
Tu vas peut-être hurler mais ayant fréquenté les 2 milieux, je trouve qu'en plongée, il y a plus de prise de "risque".

Denis parle d'accidents immérités, mais sont-ils vraiment immérités ? N'y a-t-il pas une part de responsabilité du plongeur dans chaque ADD ? N'y a -t-il pas à un moment donné ou un palier non respecté ou un profil inversé ou......


J'te bise.
A bientôt

Je ne parle pas d'accidents immérités !!! Mérite-t-on d'avoir un accident de plongée ? Je pense que non. La morale n'a rien à voir à mon avis dans le domaine ;-)

Pour caricaturer, l'influence judéo-chrétienne inculque que l'accident en général serait la conséquence d'une faute...Le dicton populaire reprend cette idée avec "il n'y aurait pas de fumée sans feu"...Pour caricaturer, j'ai un accident, je suis donc fautif...

A mon avis, ce mode de pensée au sujet de l'accident de plongée ne peut qu'encourager le déni individuel ou/et collectif face à l'accident de plongée, avec un retard de l'alerte des secours préjudiciable à la victime.

Pour caricaturer, je ne peux pas avoir d'accident de plongée, car je n'ai commis aucune faute... Si je ne sens plus mes jambes, c'est à cause du froid ou de ma combinaison qui me sert trop. Si j'ai des nausées c'est à cause du mal de mer....

En général, je préfère plutôt parler d'accident de plongée inattendus.

Parfois, on voit certains plongeurs négliger certains aspects de la sécurité et des procédures (en faisant sauter par exemple un palier) et ne pas avoir d'accident de plongée. Et d'autres, respecter à la lettre les procédures de décompression et faire des accidents. Nous ne sommes pas tous égaux face à la décompression.

Le seul fait de respecter les procédures ne suffit pas pour supprimer le risque d'accident de plongée. Au mieux, il permet de le réduire. C'est un peu comme pour le code de la route. Respecter le code de la route permet de réduire le risque d'accident sur la route mais sans jamais complètement le supprimer. On peut avoir un accident de la route même en respectant le code de la route...

Au passage, une bonne partie des accidents de plongée ont lieu avec respect des procédures de décompression (de l'ordre de 80%) selon certaines sources. Pour cela, je vous renvoie à l'une des vidéos en ligne sur une intervention proposée par le Dr E. Bergmann lors du colloque de Poitiers: 4. L'accidentologie en plongée loisirs : Etat des lieux.

A mon avis, il ne faut pas non plus négliger le fait que les accidents de plongée sont multifactoriels et que les facteurs favorisants jouent un rôle très important dans leur survenue.

A mon sens, ce n'est pas en culpabilisant les gens que l'on pourra faire évoluer les comportements. C'est surtout par la prévention, l'éducation au risque. A-t-on vraiment conscience de ce qu'est un accident de plongée avant d'avoir été témoin ou victime ?

Nous en avons tous une certaine représentation, différente, en fonction de notre expérience, de notre vécu, de nos connaissances, de nos croyances....Le plus souvent, une représentation plutôt livresque, abstraite et conceptuelle. Et pour caricaturer, le plus souvent les accidents concernent plutôt les autres...car on est nous même compétents et qu'on suit bien les bonnes procédures en plongée...

C'est la raison pour laquelle je pense que le témoignage de Marcel est important pour lutter contre bon nombre d'idées reçues sur le sujet. C'est le type de témoignage qui est plus parlant qu'une majorité de cours théoriques sur le sujet des accidents.

J'te bise aussi et vous souhaite à tous un bon WE,

Denis
Assez de fausses excuses des soignants dévoués ... je sais de quoi je parle j' en suis un ... rien ne peut justifier un jugement de valeur et rien n' autorise le soignant à l' exprimer face au patient lors de la prise en charge médicale : c' est indécent de se permettre d' enfoncer le clou là ou ça fait mal parce q' on en a le pouvoir ( médical) ! 77 M .... 60 M .... 40 M durant 45 mn et alors ??? c' est un accident de plongée qu'il faut prendre en charge un point c' est tout!
On peut exprimer ensuite toutes ses idée entre 4 yeux mais pas au moment des soins et seulement si les deux parties souhaitent s' expliquer . Le problème des 77 M c' est plus le soucis de l'hyperoxie et de la narcose ... la saturation est liée au temps passé à 60 ensuite ... Mais il y a des règles qu'il faut respecter c' est sur .Aujourd'hui c' est 60M à l' air : on ne devrait pas sortir de là mais ce n' est pas , à mon sens , le débat ... la prise de risque existe . ... une fois l' accident arrivé on se doit d' être compétent , si on le prend en charge et :rien n'excuse la négligence ou l' incompétence ; il ne sert à rien de cacher son propre stress de soignant derrière l' agressivité envers l'accidenté! Aller j' arrête là .... bonne nuit à toutes et tous Richard

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